jeudi 25 novembre 2010 à 19h
par Benoît Decron, conservateur en chef du musée Soulages de Rodez
Entrée libre et gratuite
A l'occasion de l'exposition "Les Jardins de Philippe Hortala 1995-1998", Benoît Decron, conservateur en chef du musée Soulages de Rodez nous plongera dans l'univers graphique de cette figure marquante de la scène artistique toulousaine des années 80 et 90...
[extraits "biographie de Philippe Hortala" - Y. Poulain]
voir fiche exposition "Les jardins de Philippe Hortala"
[...] « Artiste figuratif, Hortala participe au grand mouvement de retour à la peinture opéré à la fin des années 70. Le personnage aura laissé sur sa ville natale une empreinte palpable, faite d’admiration pour ses facilités picturales et d’agacement amusée pour ses frasques multiples. Peut-être trop doué et trop bruyant pour la ville de Toulouse. Pas assez sage en tout cas pour les honneurs officiels de la ville. En 1978, Philippe Hortala entre à l’Ecole des Beaux de Toulouse. En 1983, dans un numéro du “ Bulletin de la différence ” de Ben, Hortala écrit : “ Les beaux-arts de Toulouse sont une association d’anciens combattants. Il y a les profs de la guerre de 40, les profs de la guerre de 68, ce qui donne des classes sans profs et c’est bien ainsi… ”.
Son art est celui d’une époque, qui n’a que faire des chapelles et des approches conceptuelles. On l’associe bien vite (trop vite ?) –l’accent peut être– à la Figuration libre, aux Combas, Di Rosa, Boisrond et consort, qu’on sort bien vite du chapeau pour promouvoir la vitalité du moment et qu’on oublie un peu, quand les jours ne sont plus à la fête. Libre, Hortala l’est, trop individuel pour rentrer dans un mouvement. Hortala est peintre, manifestement peintre. Il pioche à tout va dans les formes qui le séduisent, il réinvente les anciens et déjoue les modernes, les malaxe entre eux, pour créer un bouillon vivifiant où grondent les avions et rugissent les tigres. Des parentés, il faudra davantage les trouver du côté de la botte italienne, de la trans-avant-garde de Bonito Oliva, avec son cortège d’élégants cultivés, ses Sandro Chia, Francesco Clémente, Enzo Cucchi, Minno Paladino...
Fougueux, Hortala conçoit ses tableaux comme des arènes où se confondent sur des sujets faussement banals, l’ordre et le chaos, le squelette géométrique des choses et l‘énergie païenne qui les animent. « A l'instar de quelques artificiers cherchant à faire sauter quelques bombes, je m'essaye plutôt à faire exploser l'artifice au milieu d'une nature dénaturée, entre lesquels je me trouve être pris en sandwich. Il y a loin d'une quête d'authenticité, plutôt une certaine puanteur devant ces 'tableaux' que je m'efforce de faire klaxonner - un raffinement de la bâtardise extrême menant à un “lamentabilisme” certain. » (Philippe Hortala. No fun for no futur, Axe actuel, 1984).
Du raffinement et de la bâtardise… Hortala le peintre horticole en étalera plein sa peinture, jusqu'à son décès accidentel, queue de la comète, un soir d’octobre 98, laissant une oeuvre ample et dynamique, vive et lettrée, rigoureusement personnelle, une oeuvre d’époque qu’il nous faut encore largement réévaluer pour ce qu’elle est : l’expression minutieuse d’un caractère hors norme… »
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