Lot (46)

Musée de Cahors Henri-Martin [Cahors, 46]

Jésus-Christ guérissant un jeune possédé du Démon

Collection : Peinture du XIXe siècle

Jésus-Christ guérissant un jeune possédé du Démon - Henri-Joseph (de) Forestier
Artiste
Henri-Joseph (de) Forestier
(1797 Puerto Hincado, Saint-Domingue - 1874 Petit-Bourg)
Titre
Jésus-Christ guérissant un jeune possédé du Démon
Chronologie
XIXe siècle
Technique
Huile sur toile
Dimensions
308 cm x 215 cm
Numéro d'inventaire
Ca.1.111

© Nelly Blaya

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Cette oeuvre a été achetée en 1820 par Louis XVIII pour les musées royaux. Elle faisait partie d'un projet décoratif pour l'église de la Trinité des Monts à Rome, de même qu'une toile d'Ingres, Jésus remet à saint Pierre les clefs du paradis (1820, Musée Ingres de Montauban). Elle fut déposée par le musée du Luxembourg en novembre 1885.

"Le Jésus-Christ guérissant un jeune possédé du démon" au Salon de 1827 confirme bien la direction du talent de Forestier. Un dessin ferme et nourri, un pinceau vigoureux, une grande force du relief, disait Landon du tableau de 1813.
Le Possédé appartient à cette catégorie des compositions à peu de personnages, trois dans le cas présent, plus grands que nature, affectionnée par quelques peintres à tendances expressionnistes de la génération des années 1780-90. Le Christ de profil tend les mains vers le possédé, centre d'intérêt du tableau, prétexte à une étude de nu souffrant dans la tradition du Lacoon. Les draperies tombent droit et raide ; celles du possédé, tombées à terre, s'accumulent en un compliqué bouillonement qui occupe tout le devant. Les couleurs sont simplifiées à l'extrême et d'un seul ton.
L'impression est celle d'un sujet "d'horreur " qui est peut-être l'équivalent français, sous la Restauration, des recherches de Füssli et de Blake. Le rapprochement n'est pas si aventureux. Après Girodet et ses peintures de cristal, selon le mot de David rapporté par Delécluze, la peinture de l'étrange se retrouve, à l'exemple de Guérin, dans un art qui réunit tension et simplification. Sujets de la tragédie comme des miracles de l'Evangile sont les prétextes normaux, et particulièrement les derniers sous la Restauration, à de telles recherches. Le nom de Forestier doit y être associé, même s'il semble, tant que les artistes de la dernière génération néo-classique n'auront pas été remis en place, bien secondaire.

A tout le moins faut-il rappeler que le tableau du Possédé, réexposé en 1855, surprit comme les oeuvres de Heim. " Il règne dans son ouvrage une gravité et une sévérité de style qui étaient devenues le but de tous ceux, à quelque école qu'ils appartenaient, qui avaient étudié depuis 1800 jusqu'en 1816. Les qualités saillantes du tableau sont la vérité des lignes de la composition et une manière énergique de modeler les chairs et de les peindre : quant aux défauts, c'est un peu d'affection dans les mouvements et les expressions des personnages ", analyse avec une intuition complice Delécluze (...)". (d'après un article de Bruno Foucart).

Cette oeuvre n'est pas présentée de façon permanente.

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