© musée Ingres
"Le sujet est austère et sort quelque peu du genre "Paysagiste charmant" auquel Desgoffe nous habitue généralement. Mais ce serait oublier les tentations de l'artiste dans le genre de la peinture historique, et les réussites diverses qu'il obtint avec sa Sainte Marguerite de Dijon. Cette toile tente un étrange mélange entre la grande peinture historique traditionnelle, telle que la pratiquait la plupart des artistes de l'époque, et le mouvement néogrec qui, exploitant les découvertes de l'archéologie et les propositions des architectes pour leurs reconstitutions imaginaires des grands sites antiques, se voulait plus proche, et jusqu'à la naïveté, de ce qu'on croyait avoir été l'art grec. En fait, cette vision, plus poétique que vraiment authentique, se référait plus certainement à l'Art pompéien, évidemment à l'époque beaucoup mieux documenté. Le contraste est donc saisissant entre les couleurs acidulées d'un temple lointain et le réalisme presque trivial des vautours s'apprêtant à dévorer un pauvre naufragé."
© Georges Vigne
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