© musée Massey
Le Bolonais Donato Creti (1671-1749) s’épuisa tout au long de sa vie dans une recherche inlassable et quasi maniaque d’une beauté idéale. Peut-être a-t-il mis le doigt sur cet absolu qu’il recherchait tant, dans ses peintures mythologiques ou allégoriques, peuplées d’élégantes figures au teint de porcelaine et animées d’une grâce sensuelle. Coloriste raffiné, adepte des tons froids et argentés des ambiances nocturnes, il donne à sa facture un aspect souple et moelleux, ordonnant ses compositions suivant un rythme complexe. Son style inclassable ne trouve ses repères ni dans le classicisme, ni dans le rococo, ni dans le naturalisme de son contemporain Giuseppe Maria Crespi ; il semble plutôt prolonger, en les poussant à leur paroxysme, les idéaux de son prédecesseur Guido Reni.
Dans « Achille trainant le corps d’Hector autour des murailles de Troie », cet artiste a peint avec une facture presque surréaliste. Cette scène brutale se déroule à la tombée de la nuit. Achille se venge cruellement de la mort de son ami Patrocle ; le vieux Priam assiste, avec les Troyens impuissants, à l’outrage sur le corps de son ami Patrocle. Les personnages sont figés dans des poses théâtrales, l’ambiance est irréelle, étrange.
© 2008-2012 L'Association des Conservateurs des Musées de Midi-Pyrénées