© MSR, Toulouse
Les répliques de sculptures grecques
En Grèce ancienne, le bronze était le matériau le plus utilisé par les sculpteurs. La technique employée pour travailler ce métal permettait de restituer les détails de l’anatomie avec plus de précision que la pierre ou le marbre. Mais dès l’Antiquité, les bronzes antiques ont été fondus et le métal réutilisé. Nous avons donc perdu la totalité, ou presque, de la sculpture grecque.
Dès la conquête du monde grec par Rome, les grandes sculptures de bronze, immédiatement appréciées par les nouveaux conquérants, ont été copiées et démultipliées dans le marbre ; même si des variantes, dans les gestes ou les poses, peuvent apparaître par rapport à l’œuvre initiale. Ces copies romaines, représentant des dieux et des héros, décoraient les demeures des plus riches. Les œuvres découvertes dans la villa de Chiragan en témoignent bien. Chiragan se distingue surtout par le nombre impressionnant de copies romaines découvertes en un seul et même lieu.
Ces sculptures ont été taillées dans les ateliers de Rome, avant d’être exportées.
Minerve : statue en marbre découverte sur le site de la villa romaine de Chiragan (Martres-Tolosane, Haute-Garonne)
Myron, célèbre sculpteur grec du Ve siècle avant notre ère, avait choisi d’évoquer un épisode de l’histoire d’Athéna (la Minerve romaine, déesse de la sagesse, de la guerre et de l’artisanat, protectrice d’Athènes) et de Marsyas, un satyre.
La déesse avait inventé la double flûte, fabriquée à l’aide de roseaux. En essayant son nouvel instrument, elle s’aperçoit avec horreur que souffler dans la flûte lui déforme les joues et la rend laide… si bien qu’elle la jeta en s’éloignant. Le satyre Marsyas, qui avait observé la scène, intrigué, s’approche et se précipite pour s’emparer de l’instrument. Athéna lui interdit formellement d’y toucher. C’est l’instant que Myron choisit pour les figer dans le bronze.
Seules ont été retrouvées des copies incomplètes de ce groupe célèbre. Le groupe originel de Myron montrait une Athéna très calme et hautaine, casquée et s’appuyant sur une lance qu’elle tenait de la main droite. Elle tendait la main gauche vers une flûte posée au sol, dans un geste autoritaire d’interdiction adressé à Marsyas. Celui-ci s’arrêtait donc dans son élan, le bras tendu vers le haut.
La Minerve de Martres est d’une grande qualité, proche de celle de Francfort. Elle paraît immobile, de face, alors qu’un mouvement imperceptible du plissé du vêtement, partant des pieds jusqu’à l’épaule gauche, accompagne le geste et le mouvement de la déesse en marche.
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