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Des armes et des hommes

L'histoire des hommes est aussi celle des armes. Dès la Préhistoire, l'homme a dû s'adapter, attaquer et se défendre mais aussi chasser pour survivre. Le poing et la fuite étaient insuffisants; il a utilisé les pierres, les branches et les a combinées pour inventer les premières armes.
Silex taillés ou polis, épieux, épées de bronze et de fer lui ont permis l'offensive alors qu'il se protégeait de peaux et de fer. Ainsi, flèches et lances, poignards, épées vont affronter casques, cottes de mailles er armures pendant des siècles. Epieux, arcs et arbalètes permettront de traquer tous les hôtes des bois.

Le XIVè siècle voit apparaître la poudre qui donne naissance à l'arme à feu : elle bouleversera la guerre et la chasse. Le "bâton à feu" primitif va évoluer et se transformer en pistolets, arquebuses et fusils qui conduiront à la disposition de l'armure.

Au cours de leur histoire, les armes offensives ou défensives ne seront pas seulement des outils, mais aussi des objets d'art somptueusement travaillés. Damasquinés, enrichis de ciselures et de dorures, abondamment sculptés, plaqués de nacre et d'ivoire, les armes de combat ou de chasse se transforment en chefs-d'œuvre créés par des artistes de génie.

© Bernard Bruel, expert près la Cour d'appel, Assesseur de la Commission de conciliation et d'expertise douanière

La collection d'armes anciennes du musée Goya permet de découvrir ces prouesses techniques et d'admirer ces œuvres d'art :

Défenses de tête et parties de "harnois plain"
Depuis le haubert, cette protection de mailles de fer du XIIè siècle, jusqu'à I'armure de plates complète de la fin du XIVè siècle, s'écoulent deux cents ans de tâtonnements.
Sur ce "harnois plain" un témoin a écrit de Jeanne d'Arc : "armada de fer blanc, tota de cap a pe".
Défenses de tête et éléments d'armures du XVIè siècle illustrent I'aboutissement de cette évolution.

Les armes blanches
Bien que connue depuis les romains, c'est au Moyen-Âge que la "Chanson de geste" donne à l'épée du Preux ses titres de noblesse : I 'arme devient un symbole tant pour le Roi que pour ses simples hommes d'armes.
La simple croisière de l'épée du chevalier multiplie ses branche pour défendre une main qui perd son gantelet d'armure dès le XVIè siècle.
L'escrime évolue et le coup de pointe ou d'estoc prime sur le coup de taille.
Le costume civil ou de cour se pare de cet accessoire qui, outre son aspect décoratif, permet d'en découdre à toutes occasions malgré les interdits tel "l'édit des duels" de Louis XIV qui condamne ceux qui le bravent à la peine suprême.
Le sabre d'origine orientale apparaît en Europe Centrale dès le XVè siècle. Sabre à lame courbe pour la cavalerie légère et sabre à lame droite pour la cavalerie lourde se propagent dans toutes les armées du XVIIIè siècle. La Révolution française, qui porte à son paroxysme le goût de l'antique, donne à ses soldats mais aussi à ses citoyens le glaive inspiré des romains.

Les armes à feu
L'intrusion des armes à feu portatives et de l'artillerie va modifier l'art de la guerre. Les derniers tenants de l'idéal chevaleresque refusent leur utilisation ainsi que l'évoque Montluc : "l'artillerie destructrice de l'honneur... il nous faut mieux mourir main à main que d'êtres tuez au combat d'artillerie..."
La plus ancienne pièce d'arme à feu appartenant aux collections du musée Goya est une platine d'arquebuse à rouet. Ce mécanisme qui permettait une mise à feu rapide et sûre succédait la primitive platine à mèche et allait rendre possible le développement de toutes les nouvelles techniques.
Se substituant aux armes à rouet, les armes à batteries se répandent sous diverses formes dans toute l'Europe. Dans ce système c'est un silex maintenu entre les mâchoires d'un chien et qui, venant frapper sur une pièce d'acier ou batterie, produit l'étincelle. Dans le sud de l'Europe domine le système "à la miquelet". Son ressort principal agit sur le pied du chien et sa plaque de batterie est striée.
La platine "à la française'', combinaison de divers systèmes à batterie, voit le jour à Lisieux, créée par MARIN LE BOURGEOIS. Elle s'impose rapidement et affirme en Europe la prépondérance de l'arquebuse française.
Breveté au début du XIXè siècle par A. FORSYTH, un pasteur écossais, un nouveau système de mise à feu qui utilise les fulminates se répand sur le continent dès 1820. Convertir les platines à silex en platines à percussion constitue une tâche reIativement aisée et grand nombre d'armes civiles et militaires vont être ainsi modernisées.
La première cartouche intégrée est mise au point en 1812 par J. S. PAULY, arquebusier parisien. C'est en 1835 que C. LEFAUCHEUX invente les cartouches à broche. Ce développement permettra le chargement par la culasse et le perfectionnement de tous les systèmes à répétition.
Le développement de l'utilisation des armes à feu portatives engendrèrent la création et l'usage d'accessoires tels que les poires à poudre dès le XVIè siècle. Munies d'un distributeur, elles permettent de charger le canon et de conserver la poudre.

Armes à feu d'épaule
Depuis le XVIè siècle de nombreux arquebusiers ont tenté d'inventer des armes se chargeant par la culasse afin d'accélérer la rapidité de chargement et la puissance de feu.
Avec l'avènement du système à silex les expériences se multiplient.

Les armes de vénerie
Dans les siècles passés, la chasse a tenu une place prépondérante et Jacques de Fouilloux a pu écrire dans son fameux traité "La Vénerie" publié en 1561, n'avoir vibré que pour "filettes, armes, vénerie".
L'activité cynégétique a souvent été le creuset où se sont développées les inventions et les techniques nouvelles.
Chasses royales ou seigneuriales ont donné aux fourbisseurs et arquebusiers la possibilité d'exprimer leur art.

Orient
II faut attendre la fin du XIXè siècle pour que notre continent s'intéresse à l'Art oriental. Les armures, les armes rapportées de ces contrées font souvent partie des prises rapportées dans nos capitales.
Fort heureusement, les arts orientaux suscitent une passion grandissante.

Japon
Symbole du Samouraï, homme de légende, le sabre japonais lie étroitement son histoire à celle de son pays.
La lame du sabre est une œuvre d'art et sa forge, privilège d'initiés.
Au Japon, l'arme à feu est utilisée tardivement et essentiellement à la chasse.

Indonésie
Le kris est déjà connu à Java au Xè siècle et avant d'être arme, il est un objet sacré, le symbole qui sert de lien entres son possesseur et les ancêtres divinisés. Pour la guerre, Ie javanais porte trois kris dont le troisième est hérité de ses ancêtres.

Publication "Les armes anciennes" - Musée Goya, Castres - 1995

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