Lot (46)

Musée de Cahors Henri-Martin [Cahors, 46]

Paysage au bord du lac

Collection : Art du XVIe siècle

Paysage au bord du lac - Joachim Patinir
Artiste
Joachim Patinir
(1475-1485 Dinant - 1524 Anvers)
Titre
Paysage au bord du lac
Chronologie
1ère moitié du XVIe siècle
Technique
Huile sur cuivre
Dimensions
18,2 cm x 24 cm
Numéro d'inventaire
Ca.1.71

© Nelly Blaya

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Patinir s'intéresse presque exclusivement au paysage. Héritier lointain du paysage eyckien, il est l'initiateur du paysage panoramique, s'étendant à perte de vue vers un horizon très élevé, à la manière de ses prédécesseurs du XVe siècle. Il s'agit bien sûr de paysages imaginaires, d'une puissante évidence, où se mêlent des amas rocheux fantastiques - peut-être inspirés par les promontoires des Baux-de-Provence - et des réminiscences des paysages familiers de la Flandre et de la Meuse. Une palette de couleurs très fine, où dominent le vert et le bleu, permet à l'artiste de mettre en place une composition par plans à la fois claire et pleine de surprise, où sont représentées d'étranges scènes dont le symbolisme est loin d'avoir été déchiffré.

Ce tableau représente un paysage de campagne partagé par une large rivière au cours placide sur laquelle voguent deux barques dont l’une est chargée de ballots. Les rives sont bordées de roches découpées et de quelques arbres à la silhouette noueuse et au feuillage serré dont la découpe répond au moutonnement des nuages. Au premier plan, un paysan chevauche un boeuf. Au second plan, sur l’autre rive, on distingue une ville composée d’habitations et de tours parallélépipédiques. Au loin, des montagnes perdues dans une nuée bleuissante ferment l’horizon.

Une harmonie toute platonicienne émane des paysages de Patinir. La grâce de ses personnages qui cheminent sans trêve situe les tableaux bien au-delà du moment. Le monde de la mémoire demeure éternel, alors que le monde objectal ne sera jamais qu'une image dans le mouvement de l'éternité. Les barques qui glissent sur l’eau du fleuve de notre tableau sont sont plus prosaïques que l’embarcation de Charon dans Le Passage du Styx (musée du Prado) mais elles peuvent faire naître les mêmes réflexions philosophiques, voire mystiques sur le passage du temps, l’oubli, le voyage terrestre ou spirituel.

Don Gauzin à une date inconnue.

Cette oeuvre n'est pas exposée de façon permanente.

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