Hautes-Pyrénées (65)

Musée des Beaux-Arts Salies [Bagnères-de-Bigorre, 65]

Exposition : GEORGES GASTE Peintre et photographe 1869-1910

du 24 mai au 29 octobre 2017

GEORGES GASTE
Peintre et photographe
1869-1910

Dans la grande famille des Orientalistes, Constant Georges Gasté est un peintre atypique : sa vie déracinée et son tempérament sauvage l'ont éloigné du milieu pictural parisien, à une époque charnière de l'art, qui célébrait à la fois Bouguereau et Cézanne. Il obtint pourtant plusieurs récompenses de son vivant et, après sa mort, deux rétrospectives de ses œuvres au Grand-Palais (19 11 et 1913) furent unanimement saluées par la critique.
Après le musée de Montparnasse, à Paris, le musée Mandet de Riom et des expositions dans plusieurs villes d’Inde et d’Algérie, le musée Salies de Bagnères-de-Bigorre entend rendre hommage à un artiste sensible qui passa la majeure partie de sa vie en Algérie, en Egypte et en Inde où il mourut en 1910.

Au XIXe siècle, alors que le voyage en Orient servait le plus souvent à exalter les fantasmes de quelque uns, des peintres comme Gasté ont réfuté l’image de cet ailleurs certes exotique et fascinant mais loin de la réalité. A des milliers de kilomètres du milieu pictural parisien, cet artiste au tempérament passionné a pleinement vécu l’Orient, peignant et photographiant en reporter inspiré les populations qu’il côtoyait.
De ses principes picturaux - soigner l’idée avant la forme, rechercher jusqu’à l’obsession l’émotion et la vérité - est née une œuvre vibrante et sensible, qui privilégie l’intensité du regard, l’authenticité d’une scène. Les portraits de jeunes filles algériennes présentées ici montrent les qualités de portraitiste et de coloriste de cet ancien élève d’Alexandre Cabanel qui affirmait à propos de ses tableaux : « Penser à montrer des caractères, des passions et des sentiments plutôt que de la couleur locale, bien inutile à côté de ce qui touche l’âme ».
De la même manière, son œuvre photographique affirme un regard d’auteur, d’une surprenante modernité. A la maitrise de la composition et des effets de lumière - rien n’est sublimé, tout semble spontané, loin des photos orientalisantes et souvent « fabriquées » de l’époque – s’ajoute un intérêt ethnographique : grâce à la proximité du peintre avec les populations locales, ces photos racontent la vie de tous les jours en Algérie et en Inde (les photos d’Egypte ont disparu), à la charnière entre deux siècles.
Les quelque vingt-quatre photographies exposées ici illustrent la vie quotidienne à Bou Saâda, une oasis aux portes du désert, entre 1894 et 1898 : les fêtes, les terrasses, les Ouled Naïls, les enfants courant dans les ruelles du ksar, les fileuses devant leur porte, les laveuses dans l’oued…

Pour en savoir plus :
Georges Gasté, Traquer le soleil dans l’ombre, Aude de Tocqueville, préface de Yasmina Khadra, éditions Arthaud, 2013.
Site : www.audedetocqueville.com

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