Tarn (81)

Musée Goya - Musée d'art hispanique [Castres, 81]

Collection : Peinture hispanique

Cliquer sur les vignettes pour agrandir l'image ou accéder à la fiche œuvre

  • Autoportrait aux lunettes - Francisco de Goya y Lucientes
  • Buste d'homme écrivant - Pablo Picasso
  • L'Adoration des Mages -  Maître de Viella
  • L'Assemblée de la Compagnie royale des Philippines - Francisco de Goya y Lucientes
  • La Cour des orangers - Santiago Rusiñol y Prats
  • La Vierge au chapelet - Bartolomé Estebán Murillo
  • Le Combattant espagnol - Xavier Bueno
  • Le Jugement dernier - Francisco Pacheco
  • Noce à Valence - Hermen Anglada-Camarasa
  • Portrait de femme - Federico de Madrazo y Kuntz
  • Portrait de Philippe IV - Diego Velázquez
  • Saint Jean à Patmos - Joan Mates
  • Portrait de Francisco del Mazo - Francisco de Goya y Lucientes
  • Les Cigarrales - Aureliano de Beruete y  Moret
  • Portrait d’Ignacio Zuloaga - Pablo Uranga y Diaz de Arcaya
  • Portrait de Jacques Seligmann - Joaquin Sorolla y Bastida
  • La Sabbat - Eugenio Lucas y Villaamil
  • Saint Evêque - Juan (de la) Abadia
  • Le Martyre de Saint Sébastien - Sebastian Muñoz
  • Procession à Avilà - Fausto Morell y Orlandis

+ Voir toutes les œuvres de la collection

Le musée de Castres créé en 1840 a connu un véritable tournant lors du legs Briguiboul en 1894. Jusqu’alors il s’agissait d’un musée de province présentant des collections variées de peintures, d’histoire naturelle, de minéralogie. Mais en 1894 Pierre Briguiboul lègue à la ville de Castres la collection de son père Marcel, artiste lui-même et grand amateur de peinture espagnole. Cet ensemble exceptionnel d’œuvres d’art comprenait entre autres les trois toiles de Francisco de Goya y Lucientes : L’Autoportrait aux lunettes, le Portrait de Francisco del Mazo, la Junte des Philippines mais également le Saint Jean à Patmos de Joan Mates ainsi qu’une série gravée des Caprices de Goya. L’ensemble représentait soixante-douze objets dont seize tableaux, des meubles, des armes et des tapisseries.
En 1945 le musée est complètement rénové, sa vocation hispanique se confirme en 1947 lorsque le musée prend l’appellation prestigieuse de musée Goya en accord avec les instances de l’État et de la Ville.

En 1949, une série de dépôts prestigieux vint préciser cette vocation hispanique. Parmi ces dépôts, nous trouvons deux toiles essentielles : le Portrait de Philippe IV par Velázquez et La Vierge au chapelet de Murillo.
Entre 1980 et 1986, sous la direction de Jeannine Baticle, conservateur au département des peintures du Louvre, le musée allait entrer dans une phase active de développement. La salle Goya et les salles des XVII-XVIIIe siècles furent rénovées entre 1982 et 1986. Mais c’est dans le domaine des acquisitions que les progrès furent les plus spectaculaires, par le biais de la mise en place des Fonds Régionaux d’Acquisition des Musées à partir de 1982. En dix ans, le musée Goya put ainsi acquérir cinquante œuvres grâce au FRAM, aux dépôts de l’État, aux achats des Amis des musées et à un certain nombre de dons. L’octroi par la Ville de crédits d’acquisition à partir de 1990 permit même d’intervenir en vente publique. Parmi ces acquisitions, il faut citer Les Enfants du comte Casa Florez de Vicente López (achat FRAM 1984), L’Annonciation, La Visitation et Le Mariage de la Vierge d’Alonso Cano (achat FRAM et Amis des musées en 1983, et don anonyme en 1986), La Crucifixion et la Transfiguration du Christ sur le mont Thabor de Juan Rexach (achat FRAM en 1985).
En 1992, le Buste d’homme écrivant de Pablo Picasso est déposé au musée Goya par le musée Picasso de Paris. Daté de 1971, ce tableau synthétise de manière remarquable les différentes périodes de l’artistes, alors âgé de quatre-vingt-dix ans.

Cette politique trouve sa consécration en 1993 avec l’achat par la Ville du Christ servi par les anges dans le désert (1515-16), chef-d’œuvre de Francisco Pacheco, le maître et le beau-père de Velázquez, grâce au Fonds National du Patrimoine, à la participation de la Région Midi-Pyrénées, de deux mécènes : les Laboratoires Pharmaceutiques Pierre Fabre ainsi que la Lyonnaise des Eaux-Dumez. Restaurée en 1998 grâce au mécénat de la BNP, l’œuvre a retrouvé tout son éclat d’origine et a révélé la participation de Velázquez dans l’atelier de son maître.

Depuis lors, le musée Goya a pu étoffer son fonds par une politique systématique visant à combler les lacunes importantes. Le Jugement dernier de Francisco Pacheco est acheté grâce au FRAM en 1996 et restauré grâce à Yves Saint-Laurent Couture, Gras et Savoye, La Déploration du Christ de Vicente Macip et Joan de Joanes intègre les collections, en 1999, avec l’aide des Laboratoires Pierre Fabre, jetant ainsi les bases d’une future salle consacrée à la Renaissance en Espagne.
Tout récemment le musée a fait l’acquisition grâce au Fonds National du Patrimoine, à la Région Midi-Pyrénées et aux Laboratoires Pierre Fabre, du Martyre de saint Sébastien de Sébastian Muñoz (1654-1690) l'un des élèves les plus doués de Claudio Coello (1642 - 1693) absent jusqu’à présent des collections publiques. De même, la mise en dépôt au musée de Castres en 2007 par le musée national du Moyen Âge - Thermes de Cluny, Paris, d’un retable espagnol complet datant du XVe siècle confirme la renommée du musée dans le domaine de la peinture hispanique.

Jean-Louis AUGÉ,
Conservateur en Chef des musées Goya et Jaurès

+ Imprimer

design : neo05