Tarn (81)

Musée Goya - Musée d'art hispanique [Castres, 81]

La Sabbat

Collection : Peinture hispanique

La Sabbat - Eugenio Lucas y Villaamil
Artiste
Eugenio Lucas y Villaamil
(Madrid 1858 - 1918 Madrid)
Titre
La Sabbat
Chronologie
vers 1865
Technique
Huile sur bois
Dimensions
H. 0,30 x L. 0,41 m
Statut administratif
Don Jean Lasbordes
Numéro d'inventaire
56-2-1

© Castres, musée Goya - Cl. P. Bru

Assemblée nocturne de sorcières et sorciers réunis pour rendre hommage au diable le Sabbat est une croyance qui s’est fortement développé au XVe siècle, bien que condamnée par l’Eglise. Ce rite satanique dont les sorciers seraient les membres était censée se réunir dans un lieu isolé et peu fréquentable : clairières au fond d’un bois, cavernes, paysages de ruines…
Ces croyances sont encore très présentes au XIXe siècle dans une Espagne dominée par l’Inquisition. Goya a ainsi souvent représenté des scènes de sorcellerie, dénonçant ainsi les superstitions du peuple espagnol. Certaines gravures de la série des Caprices mais aussi des peintures dont la série des six tableaux exécutée pour le cabinet de la duchesse d’Ossuna en 1798/99, sont entièrement consacrées à ce thème.
Eugenio Lucas y Villaamil traite cette peinture dans des tonalités réduites particulièrement sombres, la scène ayant sans doute lieu en pleine nuit. L’effet dramatique et le sentiment de terreur qui s’en dégage s’en trouve ainsi accentué. Caractéristique du style de l’artiste, la touche vive et libre en pleine pâte, esquisse les personnages et suggère l’environnement. Elle participe à l’impression de mouvement et de fuite qui se dégage de ce petit tableau. L’œil est attiré par le châle clair de la sorcière représentée au premier plan, de dos, immense et menaçante avec ses mains crochues ; brandissant un bâton, elle terrorise la foule amassée devant elle. Seule la trouée lumineuse à l’arrière plan ouvre l’espace et laisse entrevoir un espoir dans cette nuit sombre.
C. Berthoumieu, attachée de conservation musée Goya, 2012

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